GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

Écologie

Un monde fini et finissant

20 % de la population consomme 80 % des ressources énergétiques. La répartition des ressources, dans le monde, n’a jamais été aussi inégalitaire. Et au sein de chaque pays, les inégalités se sont accentuées. Dans un monde aux ressources finies, Capital et Nature s’opposent violemment.

Les écarts entre les pays sont alarmants et, la musique jouée par les pays riches aux pays les plus pauvres, est insoutenable. Si les effets du réchauffement climatique sont évidemment à mesurer à l’échelle de la planète, leurs impacts ne sont ni géographiquement, ni socialement neutres. S’ajoute à cela un terrible sentiment d’injustice, pourquoi ceux qui n’auraient jamais connu l’opulence, jamais baigné dans la croissance, devraient aujourd’hui se restreindre là où d’autre se sont gavés pendant tant d’années ?

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, les pays riches ont accentué l’exploitation des ressources, afin de tourner le dos au conflit armé, ne permettant aucune critique de l’ère industrielle qui s’était ouverte et, avec elle, l’affirmation du système capitaliste.

Sortir du capitalisme

L’extension du mode vie états-unien multiplierait par sept les consommations des ressources naturelles au plan mondial. Cependant, l’essence même du capitalisme étant la course au profit, à l’accumulation de richesses comme de biens consommables, rien ne semble plus légitime que d’envier le modèle qualifié de victorieux, celui le plus abouti, où l’on a et l’on aspire à toujours plus.

D’abord sortir du capitalisme, voilà le chemin. Le capitalisme fait fi de la nature, comme de l’humanité. Il promeut un modèle où tout est marchandise et donc marchandable, mais où rien ne se régule vraiment (1). Ce même projet capitaliste combat toute possibilité de réponse commune à la pérennité du monde, à sa survivance, puisque faisant de nous des travailleurs-ses isolés, ayant peine à se mobiliser autour d’un dessein collectif.

D’abord sortir du capitalisme pour donner à nos existences un sens commun, puis reconnaître la finitude du monde, des ressources naturelles, pour décider ensemble d’un nouveau contrat pour les générations futures. C’est de là que peut émerger un projet qui ambitionne à la fois de repousser les limites mais aussi de le faire dans des conditions soutenables et acceptables par toutes et tous.

Partager richesses et travail

Le capitalisme vert n’existe pas (2). La prise en compte réelle des effets induits par les bouleversements climatiques comme par l’épuisement des ressources, nécessite de sortir des seules logiques de production croissante de biens matériels. Alors que la pauvreté ne cesse de progresser y compris dans un pays comme la France (3), les grandes marques incitent à toujours consommer plus.

Nos propres usages de consommation étant un facteur supplémentaire de rentabilité du capital, partageons richesses et travail, consommons moins de produits non durables. Et surtout réorientons l’économie pour satisfaire les nombreux besoins sociaux non satisfaits, même si ce n’est pas nécessairement profitable au Capital (écoles, hôpitaux…).

Transformation sociale et société écologique

Les contradictions entre des années de lutte pour la défense d’une industrie gourmande en matières premières, peu respectueuse de notre environnement et de nos existences, conditionnant le maintien de nombreux emplois et l’ambition écologique, coexisteront toujours sans remise en cause systémique. Seul un réel projet de transformation sociale peut permettre l’avènement d’une société écologique puisque qu’il nécessite de rompre avec l’accumulation et l’exploitation des richesses naturelles et produites.

La course à la croissance pour la croissance des profits, dans un monde fini, c’est la destruction de la nature et de la vie humaine. En luttant contre la maximisation du profit, on milite pour l’environnement.

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(1): Tous les constructeurs automobiles sont dotés de chartes éthiques. Cela ne les empêche pas de frauder sur leurs émissions de polluants. (retour)

(2): Lire D. TANURO, L’impossible capitalisme vert, éd. La Découverte, 2010 (retour)

(3): Enquête Secours populaire septembre 2016 (retour)

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