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GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

Le social au cœur

Pour regagner à gauche, combattons radicalement Macron et ses ordonnances anti-travail

Bureau national du PS du 6 juin : intervention de Gérard Filoche

Certes le tableau de la situation internationale que tu décris, Jean-Christophe, est sombre.

Alors je chercherai les éléments d’espoirs, même rares. Contrairement à ce que tu disais il y a 15 jours, en soulignant que Jeremy Corbyn était à 20 points derrière Mme May, ce n’est plus le cas : et il a regagné 20 points et se rapproche de la victoire. Ce qui serait une très bonne nouvelle. J’y verrais « un besoin de gauche » : quand un grand parti travailliste renoue avec une politique de gauche, il fait mieux que les partis qui se perdent dans le social-libéralisme, comme le nôtre, et qui perdent donc toutes les élections depuis 5 ans. 600 000 adhérents, un rêve n’est-ce pas ? Mais pour ça il faut être à gauche.

Nous, nous avons tout perdu en cinq ans ; lui, il tente une reconstruction de la gauche à gauche. Je soulignerais aussi qu’au Portugal, les choses ne vont pas si mal, quand il y a relance et rupture avec la politique d’austérité. Il y avait un reportage hier soir au JT de la 2 : bien sûr ils omettaient de dire que c’était grâce à une gauche unie, PSP, PCP, Bloc de gauche, et que c’est un bon exemple pour nous, car sans unité de la gauche rien n’est possible.

D’ailleurs, au 2e tour, le 18 juin, il faudra bien appeler à voter pour le candidat de gauche le mieux placé pour battre Macron et la droite n’est-ce pas ? C’est la seule chance d’avoir un groupe parlementaire, rose-rouge-vert, indépendant et anti-Macron.

Reconnaissons-le : la campagne PS n’imprime pas. Tout semble joué mécaniquement pour Macron, avec un fort taux d’abstentions à gauche.

J’ai circulé et on me parle de ci de là, de « direction collégiale », de « faillite », de « changement de nom », de ne « pas tenir un congrès », mais de « refonder » (sic) : tout ça est à venir, mais hors sujet à l’heure actuelle.

On devrait se concentrer sur les ordonnances anti-travail de Macron et les dénoncer frontalement.

Parce que la preuve est faite avec le vote des Français de l’étranger que ça ne paye pas de se présenter comme des soutiens à Macron.

Ceux qui croient malin de rajouter qu’ils sont de « la majorité présidentielle » ou se disent « constructifs », et se réclament honteusement de la droite Macron, perdent encore plus que les autres. Les électeurs sanctionnent leurs manœuvres, leur trahison et votent pour l’original, ou bien s’abstiennent massivement, à gauche.  45 % d’abstentions nous menacent : ça impose, pour atteindre 12,5 % des inscrits, d’avoir 22 à 24 % des votants pour être présents au 2e tour.

On doit être une opposition ferme, parce qu’on a quelque chose à défendre.

Ça fait quatre semaines que j’essaie ici, pédagogiquement, de dire qu’il faut alerter, dénoncer, prendre la question des ordonnances anti-travail comme cible et cogner dessus, pas en souplesse, mais frontalement.

Et là, hier soir, à la télé, et ce matin, à la radio, on a un des rares spots adressés à des millions de gens et il ne dit rien, rien, il ne polémique même pas là-dessus.

Ce n’est qu’en mettant en garde contre Macron, en sonnant le tocsin qu’on sauvera quelques sièges. Il faut se démarquer, s’opposer, y compris sur Ferrand ou sur son « kwassa-kwassa » anti-comorien. 12 000 morts, quand même : qu’est-ce qu’on n’aurait pas dit si c’était Sarkozy ? Ne laissons pas passer cette blague raciste de potache énarque. Ce personnage est détestable et plus ça va aller, plus on va le voir.

Macron est, sur le plan économique et social, d’extrême droite libertarienne : tout son monde passe par l’exploitation dans les entreprises, sans statut ni droit. C’est l’aile droite du Parti républicain américain : regardez comment il veut casser le salaire brut, évacuer les cotisations sociales du bulletin de paie et supprimer les IRP, le CDI, faciliter encore plus le licenciement.

Les cotisations familiales sont déjà évacuées, il enlève les cotisations chômage, les cotisations maladie, les cotisations retraite : tout ça comme cadeau au CAC 40, tout ça pour que banquiers, rentiers, actionnaires, employeurs ne paient plus la protection sociale liée au travail. C’est bien pour faire cette opération qu’il a reporté le prélèvement de l’impôt à la source prévu en janvier 2018. Il nous fait une contre-révolution de 75 ans, il casse tout le système social du CNR appuyé sur le travail, et le remplace par l’impôt que NOUS paierons, tous, toutes, par TVA, CSG. Là, il ne s’agit plus de cadeaux en dessous de 1,2 ou 1,3 ou 1,9 fois le SMIC : non, c’est un cadeau sans précédent de 450 milliards au patronat, à la finance, au CAC 40.

Et la casse du Code du travail ira loin, contre les syndicats et le droit de grève inclus : ce ne sera pas le problème des TPE. Les TPE, c’est déjà le Moyen-Age en droit du travail, durées longues, salaires bas, heures supp’ impayées, travail dissimulé. Un million de TPE de moins de 11 salariés, 4,2 millions qui votent d’ailleurs à 52 % des voix pour la CGT et FO, celles-là ont peu de syndicats et pas d’IRP.

Vous savez, sur 547 accidents mortels du travail, il y a 64 morts dans le bâtiment, qui sont des intérimaires. Tiens, je l’ai déjà suggéré : si on veut vraiment communiquer, si on veut se faire entendre, proposons que l’intérim soit interdit dans le bâtiment comme…en Allemagne. Ça fera sensation et ça fera discuter hygiène, sécurité, conditions de travail, plutôt que des sinistres projets Macron pour la flexibilité mortifère.

 

Les ordonnances feront le jeu des 1000 grosses entreprises qui font 50 % du PIB, celles qui ne paient pas d’impôts et siphonnent toutes nos ressources, ce sera la casse des droits dans les 200 000 entreprises PME, PMI, ETI, car 80 % d’entre elles sont sous-traitantes ! Ce sont des ordonnances pro-chômage, car les 58 multinationales françaises nourriront la finance avec, et pas l’emploi. Les ordonnances créeront du chômage en fait : il faut le dire, que ça s’entende ! La déréglementation supprime des emplois et baisse les salaires, c’est tout… elle fait monter le chômage.

Je propose à nouveau de réguler la sous-traitance, d’imposer un seul niveau de sous-traitance, de responsabiliser les donneurs d’ordre. Si on veut aider nos candidats, c’est cela qu’il faut faire, et pas baratiner de façon vague sur n’importe quoi, comme dans nos spots.

Ça va être la déroute, mais pour l’endiguer, faisons au moins de la politique de gauche : ça aidera pour les survivants du 2e tour, et pour reconstruire la gauche unie ensuite.

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