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GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

International – Europe

Comment vivent les Palestiniens ?

Comment vivent les Palestiniens ? La question mérite d’être posée, car si les médias dominants rendent d’ordinaire plus ou moins régulièrement compte de ce qu’ils appellent incidents, provocations ou attentats, ils s’intéressent bien moins aux conditions concrètes dans lesquelles vivent des millions de personnes, auxquelles ils ne proposent rien si ce n’est de faire profil bas afin de ne pas hypothéquer un prétendu processus de paix dont nul n’ignore plus qu’il s’agit en réalité d’un processus de colonisation permanente.

Ce ne sont pourtant pas les mœurs et coutumes de Palestine qui sont abordées ici, ni les traditions historiques subsistant envers et contre tout, mais bien plutôt les particularités imposées par contrainte, car nul groupe humain ne se donnerait de lui-même de telles limites. Chacun des modes de vie répertoriés comporte des caractéristiques qui le distinguent des autres, sans pour autant que ces frontières soit imperméables : ni les hommes ni les situations politiques ne restent figés à jamais.

Mode de vie de seconde classe

Les Palestiniens de l’État israélien disposent certes du droit de vote. Il leur est par contre pour le moins difficile, voire impossible, d’acquérir par exemple des terres ou des propriétés. Et mieux vaut pour eux ne pas tomber amoureux d’une personne vivant au-delà de la ligne verte, car le rapprochement des conjoints leur est interdit, excepté sous la forme d’un départ, autrement dit d’un exil.

Mode de vie dans les limbes

Les habitants palestiniens de Jérusalem-est ne votent ni à la Knesset ni au Parlement palestinien ; ils ne disposent que d’un permis de séjour pour vivre sur leur sol natal, sans même pouvoir agrandir leur domicile en cas de naissance dans leur famille. Leurs maisons risquent d’être détruites ou occupées par des colons sans autre forme de procès, et eux-mêmes restent sous la menace constante d’expulsion.

Mode de vie sous occupation

Le morcellement des Territoires occupés les transforme en véritable archipel aux voies de communication incertaines, constamment entravées par des postes de contrôles fixes ou mobiles, de surcroît régulièrement suspendues en raison de couvre-feux imposés par les forces d’occupation. C’est aussi sur ces territoires que les colons, protégés par l’armée, sont les plus agressifs, ne reculant ni devant les vols ni devant les meurtres. Il existe certes des nuances entre les zones A, B et C1, mais les interventions de l’armée israélienne n’en tiennent guère compte le cas échéant.

Mode de vie sous blocus

Depuis plus de dix ans maintenant, la bande de Gaza est devenue un immense camp de concentration pour près de deux millions d’habitants. La situation humanitaire y est des plus dramatiques. L’eau potable manque, l’électricité est rationnée à quelques heures, les ressources alimentaires (agriculture et pêche) sont limitées, les problèmes sanitaires aigus, les bombardements fréquents. Ne reste-t-il à ces Palestiniens-là qu’à se laisser périr en silence et à petit feu ?

Mode de vie carcéral

La proportion de Palestiniens ayant connu la prison est si élevée qu’elle justifie le fait d’y voir un mode de vie à part entière : depuis juin 1967, près de 20 % des Palestiniens des Territoires occupés sont passés par cette case (à titre de comparaison, pour la France, ce pourcentage équivaudrait à 20 millions de prisonniers)2. Parmi eux, citons les détenus administratifs sans jugement, et le nombre croissant d’enfants, dont la chasse semble bien être devenue une spécialité de l’armée dite la plus morale du monde.

Mode de vie collaborationniste

Celui-ci, malheureusement réel, peut être plus ou moins confortable : relativement aisé pour une certaine bourgeoisie et les caciques de l’Autorité palestinienne accrochés à leurs maigres privilèges. Mais de survie pour des malades s’ils ont besoin de pouvoir aller se faire soigner.

Modes de vie en exil

Le terme d’exil peut se comprendre de plusieurs manières. Il y a l’exil du village natal, et cela concerne les réfugiés en-deçà de la ligne verte, ceux vivant dans les Territoires occupés, et ceux prisonniers de la bande de Gaza. Il y a aussi l’exil hors de Palestine, mais là aussi, il faut faire la différence entre des réfugiés vivant sans droits dans des camps de pays d’accueil (Liban), et ceux qui ont réussi à s’intégrer dans un nouvel environnement, proche ou lointain. Ces derniers ne constituent cependant qu’une petite minorité.

Il existe des Tartuffe qui ont suffisamment d’aplomb pour tenter de justifier ces situations en invoquant les nécessités de la défense de ce qui se présente comme la seule démocratie du Proche-Orient. Mais qui peut encore les croire ?

  1. Zone A : contrôle par l’Autorité palestinienne ; zone B : contrôle conjoint par l’Autorité palestinienne et l’armée d’occupation israélienne ; zone C : contrôle par l’armée d’occupation israélienne.
  2. Julien Salingue, « Prisonniers politiques palestiniens : quelques chiffres clés », http://www.juliensalingue.fr/article-prisonniers-politiques-palestiniens-quelques-chiffres-cles-105161513.html , consulté le 07/02/2018.

Cet article de notre ami Philippe Lewandowski est paru dans Démocratie&Socialisme de février 2018 n°252

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