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GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

International – Europe

Palestine : l'enjeu de l'éducation

Lors d’un voyage en France, un jeune Palestinien, qui avait été arrêté et emprisonné à plusieurs reprises dans les geôles israéliennes, expliquait que, parmi les pressions subies lors de son incarcération, il fallait aussi compter les menaces qui pesaient sur ses possibilités d’études. Un officiel lui a clairement fait comprendre qu’il ferait tout pour limiter au maximum ses perspectives scolaires et académiques. Et après sa libération, ce jeune homme a effectivement été obligé de déménager pour reprendre et poursuivre son cursus.

Il ne s’agit bien entendu pas d’un cas isolé, et ce qu’on pourrait appeler une guerre contre l’esprit compte parmi ses cibles aussi bien les individus que les structures dispensatrices d’éducation, allant des écoles jusqu’aux universités.

Les obstacles sur le chemin

Dans les territoires palestiniens occupés, le chemin de l’école n’est pas bordé de roses. Il se rallonge au gré d’une soldatesque qui peut se plaire à barrer telle ou telle voie ; il se parsème de postes de contrôles (check points) dont le passage peut prendre un temps plus ou moins long, selon l’humeur ou les consignes des hommes armés qui les tiennent ; il s’épice, notamment à Hébron, de caillassages en règle par des enfants de colons protégés par leurs parents et par l’armée. Comme par hasard, des problèmes inopinés peuvent surgir dans les périodes d’examens.

Ainsi que le rappelait Ahed Tamimi le 17 septembre 2018 : « L’occupant cherche par tous les moyens à nous empêcher d’aller à l’école, en fermant les passages menant aux écoles et aux universités », mais aussi « par la destruction des écoles »1.

Les écoles détruites

Lors des campagnes d’agression militaire directe, les établissements scolaires ne sont pas épargnés. Ainsi, lors de l’opération « Bordure protectrice » de l’été 2014, « 174 écoles à Gaza ont été bombardés et endommagées, 26 écoles publiques et une école de l'UNRWA à Gaza n'ont pas ouvert leurs écoles au début de l'année scolaire 2014/2015 après avoir été complètement détruites par l'armée israélienne »2.

Il ne faut cependant pas croire que ces destructions n’ont lieu que pendant les épisodes de guerre ouverte. Même si les Palestiniens de Cisjordanie manquent cruellement d’écoles primaires, celles qui existent semblent encore de trop pour l’occupant : selon l’ONU, 44 écoles de Cisjordanie étaient menacées de destruction en septembre 20183. L’alerte est loin d’être levée.

Et qu’importe si plusieurs des établissements détruits ou en passe de l’être ont été construits grâce à des fonds accordés par l’Union européenne : cette dernière ne manquera pas d’élever moultes protestations verbales, voire écrites, mais tant qu’elle se refusera à prendre des sanctions concrètes, le gouvernement israélien n’aura guère à s’en préoccuper.

Le sabotage des universités

La coopération internationale est un corollaire naturel de l’enseignement supérieur et de la recherche universitaire. Mais les universités palestiniennes ne plaisent guère aux autorités israéliennes : « Israël contrôle tout ce que les universités palestiniennes reçoivent de l’étranger. Il bloque régulièrement l’importation d’équipements scientifiques, les fournitures chimiques, les livres en arabe, même les livres d’art et d’histoire de l’art ; et il retarde la livraison des marchandises pendant des mois, parfois des années. […] Les universités palestiniennes n’ont généralement pas les ressources nécessaires pour la mise en place de programmes de maîtrise ou de doctorat. La plupart des étudiants qui visent un diplôme de troisième cycle doivent donc partir à l’étranger. Mais, s’ils séjournent plus d’un an à l’étranger, ils doivent alors faire face à la menace qu’Israël les déclare déchus de leur statut de résident et refuse de les autoriser à revenir.

Israël rend aussi difficile pour les universités d’accueillir des conférenciers invités. Il retarde la délivrance des visas ou émet des visas de séjour trop courts pour permettre d’assurer l’activité prévue »4. Robert Boyce, l’auteur des lignes qui précèdent, peut à bon droit affirmer que « c’est à peine hyperbolique de décrire la politique israélienne comme un scolasticide ».

Comment ne pas se poser de questions, lorsqu’on se souvient que les seuls autres barbares essayant d’empêcher l’éducation de ceux (de celles, en l’occurrence) qu’ils veulent dominer sont les talibans : mais ceux-là, semble-t-il, ne s’attaquent qu’aux écoles de filles.

Cet article de notre ami Philippe Lewandowski a été publié dans le numéro de janvier de Démocratie1Socialisme, la revue de la Gauche démocratique et sociale (GDS).

(1) Ahed Tamimi, « Les Palestiniens sont des combattants pour la liberté »,

(2) « Ces 26 écoles palestiniennes détruites par l'armée israélienne et ces 447 enfants assassinés qui n'ont pas connu la rentrée », http://solidarite-internationale-pcf.fr/article-ces-26-ecoles-palestiniennes-detruites-par-l-armee-israelienne-et-ces-447-enfants-assassines-qui-n-o-124667652.html , consulté le 04/01/2019.

(3) Tessa Fox, « Bulldozers et permis bloqués : comment Israël fait la guerre aux écoles palestiniennes », https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/bulldozers-et-permis-bloqu-s-comment-isra-l-fait-la-guerre-aux-coles-palestiniennes , consulté le 04/01/2019.

(4) Robert Boyce, « Scolasticide : Tentative d’Israël pour détruire les universités de Palestine », https://www.aurdip.org/scolasticide-tentative-d-israel.html?fbclid=IwAR1s9kn1c8N6OaUSISCmTsETT-RibkyaUBJAyQi54-94OXtYORgOYYF6iUE , consulté le 04/01/2019.

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