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GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

2014, année Jaurès Economie Théorie Histoire

Jaurès par lui-même

À partir du numéro de novembre, la revue Démocratie Socialisme va commencer la publication d’une série d’articles sur Jean Jaurès. Après avoir traité sur 7 numéros des grands engagements du fondateur du socialisme français (unité socialiste, luttes ouvrières, république, école, laïcité, paix et internationalisme...), ce « cycle Jaurès » sur 9 numéros culminera avec un dossier sur l’assassinat de l’apôtre de la paix à l’occasion du centenaire de sa mort dans le numéro d’été de la revue (juin 2014) et enfin un dossier sur le déclenchement de la guerre et la faillite de la IIe Internationale à la rentrée (septembre 2014).

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L’extrait que nous proposons ici est tiré de la préface de Jaurès à ses Discours parlementaires (1885-1894) édités en 1904. Le député de Carmaux y est catégorique. Parcourir ses prises de position successives à l’Assemblée suffit à tordre le cou à la légende faisant de lui « un ancien "centre-gauche" passé brusquement au socialisme ». Même lorsqu’il siégeait dans les rangs des républicains avancés, Jaurès était déjà « profondément et systématiquement un socialiste collectiviste ». La trajectoire idéologique de Jaurès a une cohérence interne indéniable, mais nul doute que le politique entend alors se positionner face à Guesde et à Vaillant, les dirigeants du PSdF auxquels s’oppose frontalement son regroupement (le PSF), mais dont il est en train de se rapprocher dans l’espoir de créer enfin le parti unifié de toute la gauche.

« Je n’ai pas la prétention puérile de n’avoir jamais changé en vingt ans d’expérience, d’étude et de combat. Ou plutôt, je ne me calomnie point assez moi-même pour dire que la vie ne m’a rien appris. Quand je suis entré au Parlement, à vingt-six ans, je peux dire que je sortais du collège. Car, dans notre pays […], l’École Normale et l’Université sont presque un prolongement du collège. […]

Pour moi, dans mes premières années d’études, j’avais ou pressenti ou pénétré tout le socialisme, de Fichte à Marx, et je ne savais pas qu’il y avait en France des groupements socialistes, toute une agitation de propagande et, de Guesde à Malon, une ferveur de rivalité sectaire. Comment des esprits ainsi formés n’auraient-ils point à apprendre beaucoup de la vie quand enfin ils entrent en communication avec elle ? Ils n’ont pas seulement à rectifier et à compléter leur première éducation trop livresque et solitaire ; il faut encore, par un nouvel effort, qu’ils se défendent ou qu’ils réagissent contre l’impression trop vive que leur fait la nouveauté des choses. Des hommes que j’avais trop longtemps ignorés ont exercé sur mon esprit, à la rencontre, une séduction soudaine et violente, que je contrôle maintenant, mais dont, malgré les dissentiments ou malgré les ruptures, je ne me déprendrai jamais tout à fait. Ainsi se meut la pensée des hommes sincères, qui cherchent en un travail profond et souvent inaperçu, le point d’équilibre de leur vie intérieure et de la vie mouvante des choses.

Je n’ai donc point à m’excuser de m’être efforcé sans cesse vers la vérité et de m’y efforcer encore. Mais j’ai le droit de dire que, depuis que je suis dans la vie publique, la direction essentielle de ma pensée et de mon effort a toujours été le même. J’ai toujours été républicain, et toujours été socialiste : c’est toujours la République sociale, la République du travail organisé et souverain qui a été mon idéal. Et c’est pour elle que, dès le premier jour, avec mes inexpériences et mes ignorances, j’ai combattu ».

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