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Contre Macron, défendre les salarié.e.s !

Notre camarade Gérard Filoche est intervenu au Bureau national du PS sur plusieurs sujets ayant trait à la défense des salarié.e.s. Nous reproduisons ici son intervention.

Au passage, avant de commencer : quatre ou cinq intervenants ont parlé à l’instant en considérant comme acquis que les salariés ont plusieurs métiers dans leur vie, que le turn-over prédomine. Mais c’est faux, c’est le contraire : le CDI atteint entre 85 % et 95 % de contrats et ces CDI et contrats s’allongent. Ils ont augmenté de 20 % dans les dernières décennies, les gens s’accrochent à leur travail plus longtemps, en moyenne de 9 ans à 11 ans.

J’approuve ce qui a été dit avant moi contre la sélection à l’université, contre le tirage au sort des étudiants, contre l’absence des crédits pour l’enseignement supérieur, sur la nécessité de soutenir les jeunes en cours de mobilisation sur ces questions. C’est bien de reconnaître que le quinquennat s’est trompé sur ce point (aussi). Mais je le dis à François Rebsamen, on ne peut pas en même temps soutenir le « contre-budget » que le PS distribue partout, et l’objectif de déficits de 2,7%. Ça ne tient pas, ce n’est pas honnête, ce n’est pas possible.

Oui, il faut choisir et centrer nos actions et campagnes contre Macron pour être plus efficace : je le redis, c’est la suppression des emplois aidés qui soulève le plus d’intérêt dans les villes et villages. Sur 500 000 emplois aidés supprimés à terme, 120 000 le sont tout de suite : ça fait mal partout. Il faudrait impulser des  collectifs de soutien, des mobilisations locales, puis rassembler, enfin une vraie campagne. Je n’ai pas l’impression qu’on suive cette question, qu’on agisse vraiment autant que cela le mérite et que nous l’ayons décidé – quand je l’ai proposé.

Autres campagnes possibles, à hiérarchiser  :

-  oui, contre les 3 milliards de cadeaux donnés aux riches qui n’en ont pas besoin.

-  oui aussi, contre le remboursement de la taxe sur les dividendes de 10 milliards aux entreprises, la fausse auto-enquête amnistiante de Bercy à ce sujet.

Attaquons Macron pour ce qu’il a osé faire devant la police, la gendarmerie et les préfets réunis à l’Elysée : il a clamé que c’en était fini du repos quotidien de 11 h ! Il n’a aucun droit ni aucune autorité pour ce coup de force inouï. Les ordonnances qui prévoient que par accord d’entreprise ce repos quotidien puisse devenir « sécable », ne sont pas votées. L’Union européenne, par directive, impose un repos de 11 h. S’opposer sur ce point, le repos de 11h (et pas sur les travailleurs détachés, et d’autres directives condamnables) est stupéfiant, scandaleux, indéfendable !

Attaquer le Medef qui veut supprimer la convention n°158 de l’OIT, (signée en 1991 par Martine Aubry et 40 pays, dont l’Allemagne, sur 185 membres de l’OIT, mais pas signée par les États-Unis ni la Grande-Bretagne). On peut se réclamer de cette convention : période d’essai à 6 mois qui avait été confirmée contre la France à propos du CNE de Villepin, protection face au licenciement, licenciement écrit, licenciement motivé, recours devant l’employeur, recours devant le juge, réparation intégrale du préjudice subi. Comme de la Déclaration européenne des droits humains fondamentaux de 1999. Voilà que Macron est tellement à la pointe de l’Europe libérale, tellement zélé, tellement à droite que l’on peut se réclamer des textes européens et de l’OIT contre la situation vécue de la France, devenue depuis les lois El Khomri et les ordonnances Macron, l’un des pires pays contre les salariés.

Enfin que le PS défende les salariés contre la répression syndicale :

-   ceux de PSA qui vont être jugés jeudi 16 novembre à 11 h au tribunal de Versailles. Ils n’ont rien fait mais sont, comme Jules Durand, accusés par deux cadres, soutenus par la direction de Renault. Ils risquent 6 mois de prison et le licenciement. Que le PS les défende et soit représenté jeudi sur place : je préside le comité de soutien, et toute la gauche y sera.

-   enfin défendre l’inspectrice du travail du 93 qui vient d’être « suspendue » et passe en conseil de discipline pour avoir manifesté contre les ordonnances. Il lui est reproché d’avoir répondu à une interview, alors que la télévision a mentionné qu’elle était inspectrice du travail : il lui est donc reproché d’avoir mis en cause, sa fonction, sa hiérarchie, et sa ministre, d’avoir manqué au devoir de réserve, et au Code de déontologie scélérat mis en place par décret le 12 avril dernier. A ce compte-là, c’est le silence absolu réclamé contre l’Inspection du travail, alors que les propos de l’inspectrice à l’écran relevaient d’une chansonnette : « elle court après le patronat, elle court pour détruire nos droits». 

Si on en arrive là, la répression n’aura plus de limites. Il nous faut la dénoncer et l’arrêter.

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