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GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

International – Europe

600 000 pauvres en Suisse : pas assez pour la droite !

Même si ce pays est l’un des plus riches du monde, il y avait 615 000 pauvres en Suisse en 2016, selon l’Office fédéral de la statistique. Cela correspond à 7,5 % de la population, contre 6,7 % en 2014 et 7 % en 2015. Cette progression n’est pas encore suffisante pour la bourgeoisie helvétique et ses principaux partis, la populiste Union démocratique du centre (UDC) et le Parti libéral-radical (PLR).

Les partis bourgeois viennent de lancer plusieurs offensives contre l’État social Menées à terme, elles affaibliraient encore plus les catégories sociales modestes, alors qu’il y a en Suisse 53 000 personnes qui ont une fortune supérieure à cinq millions de francs (4,2 millions d’euros).

Les hostilités ont commencé en Argovie, où le Parlement cantonal, à majorité conservatrice, a décidé de diminuer de 30 % les montants affectés à l’aide sociale.

Le double langage de la droite

Dans le canton de Berne également, la majorité bourgeoise a accepté une nouvelle loi qui prévoit une diminution de 8 % des frais d’entretien des bénéficiaires de l’aide sociale. Cette baisse pourrait même atteindre 15, voire 30 % selon les cas. Ici, le PS, les Verts, les syndicats et diverses associations progressistes ont toutefois décidé de lancer un référendum. De sorte que ce projet, synonyme d’une grave régression sociale, sera soumis au vote des citoyens du canton de Berne dans un proche avenir.

Cette affaire prend une tournure épique si l’on sait que la droite bernoise a notamment avancé la nécessité d’équilibrer les finances publiques pour justifier ce projet alors que dans le même temps, elle a fait passer une nouvelle loi de finances synonyme de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, au détriment de la classe moyenne, des communes et des petites et moyennes entreprises (PME). Dans le genre double langage, on a rarement vu mieux !

Pas chez le médecin pour un bobo

Sur le plan fédéral, le Conseil national – l’équivalent de l’Assemblée nationale – a encore fait pire, en réduisant massivement les prestations complémentaires (PC), lesquelles sont censées combler les lacunes des rentes de l’AVS (régime public des retraites) et de l’assurance invalidité (AI) pour les plus démunis. Quant au Conseil fédéral – le gouvernement helvétique –, il propose d’augmenter de 50 francs (42 euros) la franchise de base dans l’assurance maladie. De 150 francs (126 euros) en 1996 et de 300 francs (252 euros) aujourd’hui, ladite franchise passerait ainsi à 350 francs (294 euros).

Tout cela bien sûr dans le but de favoriser la « responsabilisation » des assurés, sommés d’éviter « de courir chez le médecin pour le moindre bobo ». Ce que le Conseil fédéral ne dit pas, c’est que si la franchise a plus que doublé depuis 1996, ce n’est pas à proprement parler le cas des salaires, qui, eux, n’ont progressé que de 24 % ! Pis encore, selon Laura Drompt, du quotidien Le Courrier – qui se fonde sur une enquête des Centres sociaux protestants suisses – en 2015 et 2016, trois ménages sur cinq auraient contracté des dettes liées à l’assurance-maladie !

Un flic derrière chaque assuré ?

Cerise sur le gâteau, la majorité bourgeoise du Parlement suisse a décidé de créer une base légale pour permettre aux assureurs de recourir à des détectives pour débusquer d’éventuels fraudeurs. La gauche n’a pas contesté la nécessité d’agir, car des millions sont en jeu. Mais pas question pour elle de soutenir la mise en place des moyens qui vont plus loin que le droit pénal sans l’accord d’un juge. Dans ce cas aussi, le PS, les Verts et diverses associations ont décidé de lancer un référendum, de sorte que le peuple aura le dernier mot.

Décidément, cette année sera chaude sur le plan social en Suisse. Il est vrai que cette année est aussi celle où l’on célèbre le 100e anniversaire de la grève générale de 1918.

Cet article de notre ami Jean-Claude Rennwald (ancien député au Conseil national suisse, militant socialiste et syndical) est paru dans la revue Démocratie&Socialisme n°254-255 d'avril-mai 2018.

 

Grève à la SNCF : soutien des cheminots suisses

Le Syndicat suisse des transports (SEV) a décidé d’apporter son soutien à la grève des cheminots français et n’exclut pas de recourir lui-même à cet instrument de lutte à l’avenir

En Suisse, la situation n’est certes pas aussi tendue qu’en France dans le domaine du transport ferroviaire, mais elle n’est pas rose non plus. En effet, des négociations sont en cours pour renouveler la convention collective de travail (CCT) des Chemins de fer fédéraux (CFF). Or, selon Yves Sancey, chargé de communication du SEV, la direction de l’entreprise « est dans une position très dure avec des revendications extrêmes ». Dès lors, les discussions ont été interrompues. Si elles ne reprennent pas, la branche pourrait se retrouver sans CCT au 1er janvier 2019 et l’option d’une grève « deviendrait légitime aux yeux du SEV ».

 

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